Merhaba,

Au bout de la ligne droite, sortie de l’Union Européenne, une arche en bois se dresse face à nous affichant un drapeau rouge, une étoile et une lune blanche.

[At the end of the straight section, exit of the European Union, a wooden arch standed facing us showing a red flag, a star and a white moon.]

Nous sommes conviés une fois de plus à dépasser tous les véhicules qui patientent devant le bureau des douaniers et nous sommes accueillis avec un grand sourire, un simple coup de tampon et un « bon voyage en Turquie ».

[We were invited once again to overpass all the vehicles waiting in front of the customs office and we were welcomed with a big smile, a simple stamp on our passport and a « good trip to Turkey ».]


A quelques kilomètres de la frontière, l’imposante ville d’Edirne, troisième capitale de l’Empire Ottoman, affiche sa grande mosquée Selimiye à 4 minarets. Le long des axes principaux, les bâtiments arborent 3 ou 4 enseignes d’entreprises siégeant à la même adresse.
A la sortie de la ville, nous nous alignons sur la bande d’arrêt d’urgence de la route D100 en direction d’Istanbul. Cette dernière, contrairement à ce que son nom indique, est une 2×2 voies bien chargée qui s’allonge en parallèle de l’autoroute AH1.

Pour fêter notre arrivée, la région Ouest de la Turquie a sorti les grands moyens: un vrai spectacle sons, lumières et jeux aquatiques. 1h après avoir quitté Edirne, un gros orage vient nous arrêter dans notre lancée vers la capitale turque, heureusement pile au moment du déjeuner. Nous trouvons refuge dans un préfabriqué implanté à l’arrière d’une station service, centre d’accueil et de repos pour les chauffeurs routiers. C’est donc depuis cette cabane que nous assistons aux coups de tonnerre, aux flashs des éclairs et à l’inondation du jardin en nous réjouissant de faire ce pique-nique à l’abri.

[A few kilometers away from the border, the imposing city of Edirne, third capitale of Ottoman Empire, displays its impressive Selimiye mosque with 4 minarets. Along the main axes, buildings have 3 or 4 business signs head-offices at the same address. At the exit of the city, we lined up with the hard shoulder of the D100 in the direction of Istanbul. The latter, contrary to what its name indicates, is a well loaded 2×2 lane that extends parallel to the AH1 motorway.

To celebrate our arrival, the western region of Turkey has deployed great resources: a true light-and-sound show and water games. 1h after leaving Edirne, a huge storm came to stop us in our way towards the Turkish capital, luckily right at the time of the lunch. We found shelter in a prefabricated building located at the back of a petrol station, reception and rest area for lorry drivers. It was from this hut that we witnessed the thunderclaps, the flashes of lightning and the flood of the garden while we were glad to have this picnic sheltered.]


A la pause goûter, le soleil étant revenu, nous faisons nos premières rencontres avec des automobilistes intéressés par notre périple et des pompistes qui nous offrent cafés et bouteilles d’eau.

Dans la ville de Lüleburgaz, nous visons un espace vert remarqué sur la carte pour y planter la tente et nous nous retrouvons à pédaler avec 3 jeunes roulant avec des Bromptons (vélos de ville pliables) flambant neufs.

[At the snack break, the sun coming again, we made our first meetings with motorists interested in our journey and pumpmen who offered us coffees and bottles of water.

In the town of Lüleburgaz, we aimed to find a green space previously noticed on the map to set up the tent and we ended up pedaling with 3 young men riding with brand new Bromptons (foldable city bikes).]


Quelques signes pour leur faire comprendre que nous cherchons à planter la tente, le déclic vient et ils nous invitent à les suivre jusqu’à un complexe de cyclistes avec une énorme piste arc-en-ciel montante et descendante. Enfants et adultes s’y aventurent pour avoir quelques sensations sur leur deux roues dans un espace sécurisé et réservé aux vélos. Après un coup de téléphone, voici Atif, le président de la bisiklet yili Bençlik sport kulubu dernegi, qui débarque et nous fait visiter les locaux, passe un coup de serpillière et nous indique que nous pouvons dormir dans ces locaux ce soir. Douches, toilettes, cuisine, nous déposons nos matelas sur des sommiers ressemblant à des boîtes, le vrai comfort pour des campeurs sauvages.

[Some hand gestures to make them understand that we were trying to pitch the tent somewhere, the idea came and they invited us to follow them to a complex of cyclists with an enormous rainbow rising and falling track. Children and adults ventured out to have a few sensations on their two wheelers in a secured area reserved for bicycles. After a phone call, here was Atif, the president of the bisiklet yili Bençlik sport kulubu dernegi, who showed up and took us to visit the premises, mopped the floor and told us that we could sleep here tonight. Showers, toilets, kitchen, we put our mattresses on bed base similar to boxes, the real comfort for wild campers.]


Atif invite ses amis qui s’attablent en face de nous, nous observent manger en discutant et nous initient à l’ouverture des graines de tournesol, tels de vrais oiseaux, tout en partageant leur vision de la traversée de la Turquie et notre route planifiée autour de la carte routière. 

[Atif invited his friends who sat in front of us, watched us eating while talking and introduced us to the opening of the sunflower seeds, like real birds, whilst sharing their vision of the crossing of Turkey and our planned route around the road map.]


Au réveil le lendemain, il y a eu un changement de garde dans la nuit et l’agent de sécurité, dans sa tenue marron, nous offre le thé çai et un simite (pain en forme d’anneau recouvert de graines de sésames) en nous présentant sa famille au travers de photos sur son téléphone portable. Il nous demande aussi une photo de notre départ et il semble vraiment fier de s’afficher au milieu de ses premiers cyclistes de la journée.

[When we woke up the next day there has been a change of guard at night and the security guard, in his brown outfit, offered us a Çai tea and a simite (ring-shaped bread covered with sesame seeds) presenting his family through photos on his mobile phone. He also asked us for a photo of our departure and he seemed very proud to be in the middle of his first cyclists of the day.]


La route fluctue entre longues montées et descentes de 4% en moyenne et le trafic se densifie peu à peu. A 30 minutes d’intervalle, deux fourgonnettes s’arrêtent à quelques centaines de mètres devant nous et leur conducteur agite le bras pour nous prier de s’arrêter. Arrivés à leur hauteur ils nous crient « Istanbul, Istanbul » en mimant le chargement de nos bestioles dans le derrière du van et les guibolles devant. « Hors de question » leur répondons-nous auquel ils rétorquent que soit la route est longue, soit la traversée d’Istanbul est impossible à vélo. 

[The road fluctuated between long climbs and descents of 4% on average and the traffic densified gradually. At 30 minutes apart, two vans stopped a few hundred meters in front of us and their driver waved their arms to ask us to stop. Arriving at their level they shout « Istanbul, Istanbul » by miming the loading of two wheelers in the back of the van and the cyclists in front. « No way » we answered them to which they replied that either the road was too long, or the crossing of Istanbul was insane on a bike.]


Les routes convergent vers le goulot menant à Istanbul. L’axe sur lequel nous circulons nous offre soudainement une splendide vue sur une étendue bleue que nous n’avions pas revu depuis notre départ, la Mer, celle de Marmara. 

[The roads converged towards the bottleneck leading to Istanbul. The section on which we were traveling suddenly offered us a splendid view over a blue extent that we had not seen since our departure, the Sea, of Marmara this time.]

Nous rejoignons la côte pour notre nuit et atterrissons dans des quartiers clos avec gardiens à l’entrée de chaque rue. Après avoir discuté avec de jeunes footballeurs qui ne voient que Griezman, Benzema ou Pogba dans leur jeu, nous déposons notre chargement sur la plage, sous surveillance d’un garde d’une villa avec qui nous sympathisons. Coucher de soleil avec bateaux de plaisanciers ancrés dans la baie et le son de légères vagues berçant, nous sommes loin de nous imaginer ce que nous réserve la suite de la côte que nous apercevons dèjà.

[We reached the coast for the night and landed in enclosed neighbourhoods with guards at the entrance of each street. After discussing with young footballers who only see Griezman, Benzema or Pogba in their technique, we dropped our panniers on the beach, under the supervision of a safety guard of a villa with whom we sympathised. Sunset, with yacht boats anchored in the bay and the sound of light rocking waves, we were far from imagining what was coming next along this coast.]

Nous sentons rapidement la densité d’Istanbul à plus de 40 km du centre-ville de cette mégapole mondiale. La route s’élargit, elle passe en 6×6 voies et elle accueille de nouveaux véhicules de transport en commun, des autobus de longues lignes, des bus de ville et des minibus. Nous devons adapter notre conduite jusque-là – irréprochable bien entendu – calme et paisible et prendre en compte le nouvel environnement qui nous entoure.

Mode d’emploi d’un cycliste dans Istanbul:

1. Les coudes tu rentreras

2. Les genoux tu aligneras

2. Les fesses, en arrière, tu positionneras

3. Les yeux, grands, tu ouvriras

4. La tête, de droite à gauche, tu gesticuleras

5. Les queues de poisson, qu’on te fera, tu oublieras

On récapitule:
– Les coudes rentrés (les coudes rentrés)

– Les g’noux alignés (les g’noux alignés)

– Les fesses en arrière (les fesses en arrière)

– Les yeux ouverts (les yeux ouverts)

– La tête haute (la tête haute)

– Prêt pour la côte (prêt pour la côte)

Et tchic et tchac et tchic et tchac et tchic et tchac hein hein…

Nous traversons d’énormes centres commerciaux et longeons un nombre infini de stations essence. Dans une d’elle, sur notre temps de pause, le directeur vient nous chercher et nous conduit dans le garage faisant office de salle de pause pour les pompistes. Cette pièce est aussi une salle d’échange et de débat autour d’un thé pour quiconque passe dans le coin avec du temps à tuer. Il nous installe auprès de ces messieurs affairés à observer ce qu’il se passe dehors et nous fait venir un vrai goûter avec café au lait, barres de chocolat, biscuits, mouchoirs, bouteilles d’eau… Nous nous étions retenus d’acheter quelque chose 10 minutes auparavant en se disant qu’ils pratiquaient des prix assez élevés dans les stations ici aussi. Bref, nous voilà bien requinqués pour affronter ce terrain de jeu tant redouté par les cyclistes.

[We quickly felt the density of Istanbul more than 40 km from the city centre of the megalopolis. The road widens and passes to 6×6 lanes, it hosts new public transport vehicles, long-distance buses, city buses and minibuses. We had to adapt our driving behaviour – faultless up to this point obviously – calm and peaceful and took into account the environment we were now progressing in.

Quick cyclist guide on how to ride a bike in Istanbul:

1. The elbows you will keep straight

2. The knees you will line

2. The buttocks, back, you will position

3. The eyes, wide, you will open

4. The head, from right to left you will move

We crossed enormous shopping malls and rode along an infinite number of petrol stations. In one of them, at break time, the manager picked us up and took us to the garage turned into a rest room for the pumpists. This room is also a space for exchange and debate around a tea for anyone who comes around with time to kill. He set us up with these gentlemen apparently busy to observe what was going on outside and made us come for a real snack with coffee, chocolate bars, biscuits, handkerchiefs, bottles of water… We had not bought anything 10 minutes ago by telling ourselves that they were practicing fairly high prices in the service here too. In short, we were well fed to face this field of play so much feared by cyclists.]


Tout compte fait, nous rentrons aisément dans le coeur d’Istanbul avec comme point final du jour le quartier de Beyoğlu, où nous avons minutieusement choisi de demander l’hospitalité à Burçin via le site Warmshowers. C’est donc dans un magnifique appartement et un grandiose accueil que nous passons 3 jours durant lesquels nous explorons la ville, ses principaux monuments, ses célèbres places et savourons les excellentes saveurs du pays.

[All in all, we can easily go back to the heart of Istanbul and, as the end of the day, the Beyoğlu district, where we have carefully requested Burçin’s hospitality through the Warmshowers site. It was therefore in a magnificent apartment and a grand reception that we spent 3 days during which we explored the city, its main monuments and famous squares and savoured the excellent flavours of the country.]

Les images parlent parfois plus que les mots, nous mettons donc de côté les écrits et nous laissons les photos vous raconter notre séjour à Istanbul: 

[The pictures speak for themselves, we put aside the writings and we leave the photos tell you our stay in Istanbul:]

¤ Grand bazar Grand Bazaar


¤ Mosquée bleue / Blue Mosque


¤ Mosquée Sainte Sophie / Hagia Sophia


¤ Bazar égyptien (épices) / Egyptian (spice) Bazaar


¤ Quartier Beyoğlu / Beyoğlu area


¤ Chez Burçin / At Burçin’s place


¤ Centre-ville / City centre


¤ Sortie d’Istanbu/ Exit of Istanbul


Nous sommes régulièrement en contact avec Burçin et nous remercions une fois de plus son chaleureux accueil et sa disponibilité pendant ses 3 jours malgré son emploi du temps bien chargé.

[We are regularly in contact with Burçin and we thank her once again for her warm welcome and her availability during these 3 days despite her busy schedule.]

Note: Cet article a été publié lorsque nous étions à Quchan (Iran) / This blog post was published when we were in Quchan (Iran)

Publicités