Yassu!

Le poste de douane est rudimentaire puisque le contrôle aux frontières se situe dans un même et seul préfabriqué. Nous confions nos passeports au douanier bulgare qui après vérification, se lève, traverse le couloir et les tend à son voisin grec dans le bureau d’à côté. Nous poussons les vélos en parallèle de l’avancement de nos passeports. Ici pas de test de la langue grecque mais on feuillette avec attention les pages de nos précieux livrets marrons avant de nous accorder le droit d’entrer dans la République Hellénique.

[The customs office is rudimentary since the border control was in one and only prefabricated building. We entrusted our passports to the Bulgarian customs officer who after inspection, crossed the corridor and handed them to his Greek neighbour in the office next door. We pushed the bikes in parallel with the progress of our passports. Here is no test of the Greek language but they carefully leafed through the pages of our precious brown booklets before granting us the right to enter the Hellenic Republic.]


Malheureusement l’image que nous avions de la Grèce n’était pas la bonne, nous ne voyons pas d’îles paradisiaques, une mer turquoise brillant sous un soleil éclatant et un Nikos chemise ouverte conduisant sa Vespa sur la côte. Pour nous c’est plutôt douche à la grecque lorsque les gros nuages qui menaçaient nous rattrapent et nous devons rapidement nous abriter. Dans le village de Rizia, nous nous installons sous le préau du īīae Pizinn Stadium auprès des vestiaires. Bien que nous soyons mercredi soir, pas d’entraînement de football, la saison semble finie ici aussi, à moins que les Grecs ne craignent la pluie…?

Nous prenons timidement possession des lieux après le passage de deux joueurs du club. Les bancs adjacents aux vestiaires nous servent de salon au sec et de rangement pour nos affaires.

[Unfortunately the image we had of Greece was not the right one, we did not see paradise islands, a turquoise sea shining under a bright sun and a Nikos open shirt driving his Vespa on the coast. For us it was more a greek shower when the big clouds that threatened caught us and we have quickly taken shelter. In the village of Rizia, we set up under the covered courtyard of ïīae Pizinn Stadium near the locker rooms. Despite being Wednesday night, no football training, the season seemed to be over here too, unless the Greeks fear the rain…?

We took timidly possession of the premises after the passage of two players of the club. The benches adjacent to the locker rooms served us as a dry lounge and tidying for our gear.]

La cour grillagée pour la sortie des joueurs des vestiaires n’est autre que notre salle à manger et nous nous attablons à une table et ses chaises ice-teas pour dîner sous un beau coucher de soleil.

[The fenced courtyard for the players leaving the locker rooms was none other than our dining room and we sat at a table and ice-teas chairs for dinner under a beautiful sunset.]

Enfin nous passons au jardin ou plutôt à la chambre, un joli tapis vert foulé par les amateurs du ballon rond habituellement mais qui ce soir sera écrasé par le poids de notre tente et de ses occupants.

Le commun des mortels dirait que cet endroit ressemble au banc des remplaçants mais dans notre petit monde, nous transformons cet abri en garage à vélo…

[Finally we passed to the garden or rather to the room, a nice green carpet usually trampled by lovers of the ball but tonight will be crushed by the weight of our tent and its occupants.

Ordinary people would say that this place resembles the substitutes’ bench but in our small world, we transformed this shelter into a bicycle garage…]

À 6H pétantes, devançant notre réveil de quelques secondes, c’est au son d’une trompette jouant un air militaire que nous nous réveillons. En effet, le terrain de foot est entouré d’un grand camp militaire et nous assistons donc au lever des soldats, nos voisins le temps d’une nuit.

Au moment de plier nos affaires, nous apercevons un pick-up de policiers se garer sur le parking du terrain de foot. Nous nous avançons pour leur indiquer q’il n’y a pas de match aujourd’hui mais étonnamment c’est plutôt notre présence qui les intéresse. Le quartier est sécurisé et nous ne sommes pas autorisés à camper sur le terrain de foot à cause de la caserne voisine. Nous sommes gentiment priés de décamper, rien qui nous dérange puisque notre nuit est faite et les affaires quasiment rangées.

Nous traversons quelques villages aux maisons blanches et aux Églises colorées, un rapide avant-goût de la Grèce. Nous ne ferons pas une plus profonde exploration de ce pays et nous laissons les ch’tis vous faire découvrir la philosophie ou encore le théâtre grec depuis Mykonos…

[At six o’clock, anticipating our awakening of a few seconds, it was accompanied with the sound of a trumpet playing a military air that we woke up. Indeed, the soccer field is surrounded by a large military camp and so we were present at the reveille of the soldiers, our neighbours for a night.

While folding our stuff we saw a pickup of policemen parking in the parking lot of the football pitch. We moved forward to tell them that there was no football match today but surprisingly it was rather our presence that interested them. The area is secure and we are not allowed to camp on the football field because of the nearby barracks. We were kindly asked to decamp, nothing that bothers us since our night was done and the equipment almost packed.

We passed through a few villages with white houses and colorful churches, a quick taste of Greece. We did not make a deeper exploration of this country and let the « Ch’tis » (french TV show) let you discover Greek philosophy or theater from Mykonos…]

C’est donc seulement après 34 km que nous atteignons Kastranie, village à la lisière de la Turquie, dans lequel nous dépensons notre dernier billet en euros, avant un long moment, pour notre pique-nique.

Derrière la file de voitures attendant leur tour pour passer au contrôle de sortie grec, une douanière nous fait signe de devancer tout le monde et entame une discussion en français en vérifiant méticuleusement nos passeports.

Devant nous une longue ligne droite « no man’s land » avec de hautes clôtures nous conduit droit vers un nouveau continent que nous avons hâte de découvrir.

[It was therefore only after 34 km that we reached Kastranie, a village at the edge of the Turkish border, in which we spent our last euro banknote, before a long time, for our picnic.

Behind the line of cars waiting for their turn to go to the Greek exit control, a customs officer waved at us to overpass everyone and started a discussion in French by meticulously checking our passports.

In front of us, a long straight road « no man’s land » with high fences took us straight to a new continent that we are eager to discover.]

Note: Cet article a été publié lorsque nous étions à Téhéran (Iran) / This blog post was published when we were in Tehran (Iran)

Publicités