Jó napot!

A la sortie de Bratislava, nous ne sommes qu’à 15km de la frontière hongroise et nous atteignons rapidement ses portes. Ne pensant pas les franchir à ce moment-là, nous poursuivons le long du Danube, un peu égarés par la signalisation approximative de l’EuroVelo 6, mais après le barrage de Cunovo, nous assumons que la suite ne nous offrira pas assez de points d’eau pour la journée et faisons demi-tour. On s’y retrouve finalement, et passons donc cette frontière que nous avions refoulé une première fois 2 heures avant.

[When leaving Bratislava, we were only at 15km from the hungarian border and we quickly reached its doors. We did not intend to cross the border at this time, we continued along the Danube, somewhat misled by the approximate signs of the EuroVelo 6, but after the Cunovo dam, we assumed that the section will not offer us enough water points for the day and turned back. We finally passed that border that we had riden back a first time 2 hours before.]

Nous longeons la route départementale sur une piste cyclable au goudron bombé par les racines, endommagé par les variations de température et le poids des véhicules, demandant pas mal d’attention pour les pilotes.

Nous atteignons la ville de Györ, une belle découverte que nous avons fait en s’aventurant dans cette ville riche du pays, située à un emplacement stratégique pour protéger Vienne au Moyen-Âge. Par rapport au reste du pays, le taux de chômage y est particulièrement faible et cela est notamment dû à la présence d’un site automobile Audi, que nous traverserons en quittant la ville.

Il fait chaud lorsque nous enjambons le Danube pour entrer dans la ville et nous prenons vite les habitudes locales en s’abritant sous un arbre, dans une allée piétonne, où sont alignés des dizaines de bancs; il ne manque plus que les joueurs de pétanque et les bruit des grillons pour se croire dans le sud de la France. 

En fait, ce n’est pas vraisemblable à notre belle France lorsque nous nous enfonçons dans les magnifiques ruelles colorées de Györ et sur la place de la Mairie, où les affamés dévorent leur glace et les assoiffés sirotent leur boisson.

[We cycled along the departmental road on a bicycle path with tar bulging by the roots, damaged by the temperature variations and the weight of the vehicles, demanding a lot of attention for the pilots.

We reached the town of Györ, a beautiful discovery that we have made in venture into this rich city of the country, situated in a strategic location to protect Vienna in the Middle Ages. Compared to the rest of the country, the unemployment rate is particularly low, due in particular to the presence of an automobile Audi site which we crossed when leaving the city.

It was hot when we step over the Danube to enter into the city and we quickly took local habits by sheltering under a tree in a pedestrian alley, where dozens of benches line up; all that is missing are the petanque players and the noise of the crickets to believe themselves in the south of France.

In fact, it is not really like our beautiful France when we sink into the beautiful colorful streets of Györ and the Town Hall Square where the hungry devouring their ice and the thirsty sipping their drink.]

La région après Györ est une plaine exposée à de forts vents et les champs d’éoliennes que nous apercevons nous confirment que ce n’est pas occasionnelle ce jour-ci. Ajoutons au passage que la piste de l’EuroVelo 6 est en construction dans le nord de la Hongrie et nous devons nous aventurer sur des voies où elle est même quasi inexistante. Ne pensant vraiment pas avoir de pistes de terre sur notre route,  nous filons droit sur le bitume, entrant même dans un cimetière, avant de faire demi-tour et prendre le chemin de tracteur. On se croirait sur une randonnée VTT par moment…

[The region after Györ is a plain exposed to strong winds and the wind farms that we see confirm us that it is not occasional this day. Let us add that the path of the EuroVelo 6 is under construction in the north of Hungary and we must venture on routes where it is almost non-existent. Not really thinking of having dirt tracks on our road, we headed straight on the bitumen, entering even in a cemetery, before turning back and taking the tractor way. It feels like a mountain bike ride at some times…]

A l’opposé, nous avons la chance d’être les premiers utilisateurs d’une toute nouvelle piste cyclable sur 5km dans un village. Les artisans sont même affairés à balayer le sable entre les briques sur les derniers centaines de mètres.

[On the opposite side, we were lucky to be the first users of a brand new bike path on 5km in a village. The roadmen are even busy sweeping the sand between the bricks on the last hundred meters.]

Nous poursuivons au sud du Danube, du côté hongrois jusqu’à la ville de Esztergom. La voie verte nous invite à monter à bord du ferry pour traverser du côté slovaque; ferry prenant le large lorsque nous arrivons sur le quai. Le panneau d’affichage nous indique qu’il n’y a qu’une navette par heure et patients de nature que nous sommes, on renfourche les vélos et continuons vers budapest sur les routes hongroises. Le Danube forme un coude au niveau de Dunabogdány, nous mettons les voiles plein sud vers la capitale.
On ressent la pauvreté dans la campagne hongroise, les murs des maisons sont raffistolés à coup de truelles de ciment et les charpentes des granges tiennent grâce aux bottes de pailles entassées il y a sûrement une vingtaine d’années.

Globalement, dans le pays, le drapeau européen figure sur de nombreux bâtiments, de nouvelles usines ou bien encore de nouvelles infrastructures routières, pour signaler l’aide de Bruxelles quant au développement du pays.

Nous passons la barre des 3 000 km non loin de Visegrad le 21 mai.

[We continued south of the Danube, on the hungarian side to the town of Esztergom. The greenway invited us to board the ferry to cross the slovak side; ferry leaving when we just arrived on the dock. The board showed us that there is only one shuttle per hour and patients of nature that we are, we turned back and continued towards budapest on the hungarian roads. The Danube forms an elbow at the level of Dunabogdány, we faced south towards the capital. We feel the poverty in the Hungarian countryside, the walls of the houses are tinkered with cement trowels and the frameworks of the barns are held together thanks to the straw-bundles heaped about twenty years ago.

Overall, the European flag appears on many buildings, new factories or even new road infrastructures, to signal Brussels support for the development of the country.

We passed the 3,000 km not far from Visegrad on 21st May.]

La suite nous emmène à passer à Szentendre, jolie excursion à faire depuis Budapest le temps d’une journée, puis au travers des marchés de Sziget, le long du Danube, en face de l’île notamment fameuse pour son festival.

Nous avions réservé un appartement sur Airbnb pour le lundi et surtout mardi 23 mai et il semble bien qu’on soit en avance sur notre planning, puisque nous arrivons en ville le dimanche après-midi. Pas de logement pour le soir dans une ville énorme et des parcs surveillés, il va falloir être inspiré. On envoie quelques demandes sur warmshower (couchsurfing pour cyclistes) mais sans retour positif (on découvrira le lendemain que nous nous sommes faits inviter 15 minutes après déconnection du wifi), on décide alors de monter sur les buttes de Buda. Les buttes portent bien leur nom, nous pourrions suggérer les murs de Budapest comme alternative après les avoir monter à vélo. Debout sur le vélo, les moteurs des 4×4 rugissant en nous dépassant, le compteur affiche jusqu’à 24% de dénivelé. Tout effort mérite récompense et c’est une splendide vue sur l’immensité de Budapest que nous obtenons au travers des grosses villas bien gardées de Buda et un espace vert pour notre tente.

[The following section took us to Szentendre, a lovely excursion to do from Budapest for a day, then through the markets of Sziget, along the Danube, opposite the island, famous for its festival.

We had booked an apartment on Airbnb for the Monday and especially Tuesday the 23rd and it seems that we are ahead of our schedule since we arrived in town on Sunday afternoon. No accommodation for the evening in a huge city and monitored parks, we would have had to be inspired. We sent a few requests on warmshower (couchsurfing for cyclists) but no positive response (we will discover the next day that we were invited 15 minutes after disconnecting wifi), we decided to climb the Buda hills. The hills bear their name well, we could suggest the walls of Budapest as an alternative after riding them by bike. Standing on the bike, the engines of the 4×4 car roaring in overtaking us, the bike computer displayed up to 24% of uneven. Every effort deserves reward and it was a splendid view over the immensity of Budapest that we got through the large well-kept villas of Buda and a green space for our tent.]

Il nous faut que quelques heures pour repasser devant les lieux touristiques de la capitale, que nous avions visité lors d’une précédente venue en 2015. Le lundi matin à 8h est pas mal embouteillé sur la route mais la ville offre des arrangements pour cyclistes bien indiqués. Autre avantage d’une visite assez matinale est le fait que les flots de touristes n’arpentent pas encore les rues et que pour Budapest spécifiquement, la lumière éclaire le Parlement de face ; les photos prises l’après-midi ou au coucher de soleil ont un rendu médiocre avec un soleil de face.

[We needed only a few hours to go back in front of the tourist places of the capital that we visited during a previous visit in 2015. Monday morning at 8am is not badly bottled on the road but the city offers well indicated arrangements for cyclists. Another advantage of a rather early visit is the fact that the streams of tourists do not walk the streets yet and also for Budapest specifically, the light illuminates Parliament in front; The photos taken in the afternoon or at sunset have a mediocre rendering with a sun face.]

Pour l’occasion, nous avons revêtu les maillots de champions et les encouragements jaillissent du trottoir, des voitures et des vélos à coup de « allez allez » ou d’avertisseur sonore.

[For the occasion we put on the jerseys of champions and encouragements spring from the sidewalk, cars and bikes, supported by « go go » or horn sound.]

Nous prenons possession d’un bel appartement dans le quartier de Jószefváros où, comme d’habitude, nous procédons à la lessive, vaisselle et décrassage des cyclistes. A noter que cet appartement est situé au sixième étage d’un immeuble comportant un ascenseur de 1m2, réservant donc l’honneur à Nicolas de grimper 2×124 marches avec les vélos…

[We took possession of a beautiful apartment in the district of Jószefváros where, as usual, we proceeded to laundry, dishwashing and scrubbing cyclists. Note that this apartment is located on the sixth floor of a building with a lift of 1m2, thus reserving the honor to Nicolas to climb 2×124 steps with the bikes…]

23 Mai: nous l’avions planifié pour ne par le passer en rase campagne, dans la tente plantée de biais dans un fossé, en mangeant des pâtes et avec les odeurs de chaussettes mouillées comme parfum d’ambiance. Et pour cause cette date correspond à l’anniversaire d’Angélique! Pas de repos pour Nicolas qui s’affaire donc à préparer un bon réveil en allant faire les magasins au petit matin, afin d’offrir un copieux petit déjeuner avec les pâtisseries locales: viennoiseries aux graines de pavot, chocolat et confiture de prunes…

[23rd May: we had planned it so as not to pass it in open countryside in the tent planted at an angle in a ditch, eating pasta and with the smells of wet socks as ambient fragrance. And for that reason this date corresponds to the birthday of Angelique! No rest for Nicolas who is busy preparing a good awakening by going shopping in the early morning to offer a hearty breakfast with local pastries: viennese pastries with poppy seeds, chocolate and plum jam…]

L’heureuse élue se voit même offrir une taverne à l’heure du déjeuner. Notre commande doit être particulière puisque le patron n’a pas l’air convaincu lorsque nous mixons notre viande et les accompagnements choisis: porc, poulet et oeufs sur le plat avec frites c’est bon mais les dumplings hongrois par dessus ça ne doit visiblement pas être courant, alors on nous les apporte dans un plat à part. Nicolas réussit à souhaiter un joyeux anniversaire à Angélique en hongrois avec un accent probablement russe, sous le regard amusé du tavernier et de la serveuse.

[The lucky one was even offered a tavern at lunchtime. Our order had to be special since the manager did not seem convinced when we mixed our meat and sides chosen: pork, chicken and eggs on the plate with fries is good but Hungarian dumplings over it was obviously not common so they were brought in a separate plate. Nicolas managed to wish a happy birthday to Angelique in Hungarian,  with a probably Russian accent, under the amused look of the tavern manager and the waitress.]

Nous avions prévu d’aller à l’Ecseria Piac, une grande friperie à l’extérieur de la ville, mais elle n’est pas ouverte l’après-midi et l’orage qui éclate quelques heures plus tard nous réjouit de ne pas avoir été sur nos vélos à ce moment-là.

Après un bon dîner pour l’anniversaire et de quoi reprendre de l’énergie pour rattaquer, nous retrouvons les berges du Danube le lendemain matin, sur une voie mélangeant bitume, terre et mares d’eau de la veille. A la pause déjeuner, bien garni avec les salades préparées la veille, un résident de la commune où nous nous arrêtons traverse la route pour nous offrir une canette de bière chacun.

[We had planned to go to the Ecseria Piac, a big thrift shop outside the city, but it was not open in this afternoon and the storm that broke out a few hours later delighted us not to have been on our bikes at that time.

After a good dinner for the anniversary and full of energy to go back on the road, we met the banks of the Danube the next morning, on a road mixing bitumen, land and pools of water from the day before. At the lunch break, well stocked with salads prepared the day before, a resident of the commune where we stopped crossed the road to offer us a can of beer each.]

Boire ou conduire il faut choisir… nous les glissons dans nos sacoches et repartons mais nous sommes bientôt surpris par un torrent de pluie lorsque nous circulons le long de maisons à pontons pour les pêcheurs du coin.

[Drink or drive it is necessary to choose… we slip them in our saddlebags and left but we were soon surprised by a torrent of rain when we rode along houses with pontoons for the fishermen.]

Lorsqu’il ne pleut pas il neige… du pollen; ce sont de vrais nuages que nous traversons à l’approche de certains champs ou bois.

[When it did not rain it snowed… pollen; They were real clouds that we crossed when approaching certain fields or woods.]

Nous terminons notre journée sous le préau d’un terrain de foot dans un petit bled où quelques prodiges s’exercent à frapper la balle.
Nous nous amusons à observer la gestion de l’entraînement: ils arrivent en voiture ou à vélo puis s’allument tous une cigarette, enfilent leur équipement, s’en rallument une, discutent avec les copains et en reprennent une pour rejoindre l’angle du terrain dans lequel sont installés les buts. A chaque temps mort, ils s’époumonnent dans un sprint vers leur sac pour en ressortir leur paquet et s’en poser une sur les lèvres.

[We finished our day under the paddock of a soccer field in a small bled where some prodigies are exerted to hit the ball. We had fun observing the management of the training: they arrived by car or by bike then all lighted a cigarette, put on their equipment, relighted one, discussed with the buddies and took one to reach the angle of the ground in which the goals are installed. Each time they die, they squeezed themselves in a sprint towards their bag to take out their package and light one on one more time.]

L’EuroVélo 6 emprunte des sections de terre où nous avons même du mal à distinguer le chemin et nous prenons la décision de poursuivre sur la route 51, puis de retrouver un revêtement idéal sur une piste cyclable avant la ville de Baja. Deux hommes viennent à notre rencontre en offrant leur aide, puis nous discutons de notre voyage et abordons les politiques et vies dans nos pays. Nous apprendrons que la Russie exerce une large influence dans les médias en Hongrie et que de nombreux mouvements contre l’Europe se sont créés. Il est vrai que nous avions observé de nombreuses inscriptions « Igen Europe Nem europa? » (Oui ou non à l’Europe?).
En déballant notre voyage et notre mode de vie de nomades à ces deux hongrois, ils nous orientent dans un centre pour voyageurs (prioritairement cyclistes) et routiers. Le Gemenc Vanderpont strider bike lodging est un magnifique complexe financé en partie par l’Europe pour l’accueil de voyageurs avec à disposition, cuisine, salle hors sac, wifi, douches et machines à laver (payantes) et un terrain pour planter la tente en bordure du Danube.

[The EuroVelo 6 uses sections of land where we can not even distinguish the road and we decided to continue on Route 51 and found an ideal lining on a bike path before the city of Baja. Two men came to meet us by offering their help and then we discussed about our journey and approached the policies and lifes in our respective countries. We learnt that Russia has a wide influence in the media in Hungary and that many movements against Europe have been created. It is true that we have observed many inscriptions « Igen Europe Nem europa? » (Yes or no to Europe?). Telling our journey and way of life to these two Hungarian, they guided us in a center for travelers (mainly cyclists) and lorry drivers. The Gemenc Vanderpont strider bike lodging is a magnificent complex financed in part by Europe for the host of travelers with at disposal, kitchen, living room, wifi, showers and washing machines (for a fee) and a ground to pitch the tent on the banks of the Danube.]

Un beau dernier cadeau que nous offre la Hongrie pour notre dernière nuit dans le pays, avant de filer droit sur la route 51 pour une nouvelle interlude dans notre traversée des pays de la zone UE.

[A beautiful last gift that Hungary offered us for our last night in the country, before heading straight on route 51 for a new interlude in our crossing of the countries of the EU zone.]


Note: Cet article a été publié lorsque nous étions à Ortaköy (Turquie) / This blog post was published when we were in Ortaköy (Turkey)